LES DEUX LAVOIRS MUNICIPAUX

DE BAZOUGES SUR LE LOIR (Résumé)

 

 

 

Au XIXème siècle, le port de Bazouges sur le Loir était un lieu relativement animé puisqu’il faisait office de port d’embarquement et de débarquement des denrées mais aussi le point de traversée du Loir par le Bac avant la construction du Pont.

 

Au début de l’année 1881, le Conseil Municipal décide de faire construire au port un lavoir, répondant ainsi à une requête très ancienne des habitants.

 

  

 

 

 

Deux solutions sont proposées lors de la réunion du Conseil Municipal du 27 mars 1881 :

 

* un bâteau-lavoir couvert pour douze laveuses

* un lavoir à plancher mobile,

 

 

 

 

L’intérieur est constitué d’un plancher en bois suspendu par des chaînes qui permettent de le descendre ou de le remonter par un treuil manuel pour s’adapter en permanence au niveau de la rivière.

Le Conseil Municipal, opte pour le

lavoir à plancher mobile qui sera

établi en 1882 sur la rive droite,

(au niveau de l'ancien bac), avec

un coût de 2.400 francs. En 1885, un

autre lavoir (identique) sera

construit au "Port Mahon" pour 

un coût de 1.240 francs

 

 

LES LAVOIRS
 

Le village de Bazouges sur le Loir situé exclusivement sur la rive droite du Loir, possède de nombreuses maisons entre l’ancienne route royale de Paris à Nantes et le Loir. Autrefois cette route passait entre l’église et le château. Elle s’appelait à l’époque « Rue Basse » avant de devenir « Rue du Château ». Beaucoup de ces maisons bordant cette rue côté Loir avaient accès à la rivière. Un certain nombre d’entre elles avaient un lavoir. Malheureusement ils ont tous pratiquement disparus.

 
 

 

 

Bazouges sur le Loir dans les années 1950/1960 entre le Vieux Pont et le Château

 
 
Collection E.B

 

 

Lavoir du Port

Il en subsiste au moins deux appartenant à la commune, avec la particularité d’être à « plancher mobile ». Cette particularité était de pouvoir s’adapter au niveau du Loir,  permettant ainsi aux laveuses de pouvoir y venir en toute saison.

 

 
Lavoir du Port Mahon
Photos APSPBC

 

 

L’un d’eux se situe au port ou plutôt à l’ancien port. Il convient de rappeler que le Loir a été longtemps navigable (les colons partis de la Flèche pour aller fonder Montréal sont passés à Bazouges sur le Loir). Le port servait aussi à l’embarquement de tonneaux de vin produits sur la commune. Les coteaux, rive droite, étaient constitués de vignes, ravagées au début du XXème siècle par le phylloxéra et dont il ne subsiste plus aujourd’hui que quelques vestiges de « maisons de vignes ».

Au port existait aussi un gué, permettant de relier les deux rives du Loir par le chemin de communication numéro 27 du Bailleul à Montigné. Le gué fut remplacé par un bac, qui fut à son tour remplacé par le pont en 1857.

Ce lieu était donc était donc relativement animé, et c’est à cet endroit que le Conseil Municipal opte pour l’installation d’un lavoir lors de la réunion du 13 février 1881. Ce jour là le Conseil est réuni en séance ordinaire et doit choisir entre l’éclairage public des rues du bourg ou la construction d’un lavoir public. Ces deux requêtes sont réclamées depuis longtemps par la population. Le Conseil l’utilité des deux projets, mais il choisit le lavoir car la demande est la plus ancienne. Il invite le maire à étudier la question le plus rapidement possible afin qu’il puisse pourvoir, à la session de Mai, à la dépense qu’entrainera cette construction.

Archives Municipales de Bazouges sur le Loir
   

Le 27 Mars 1881 une séance extraordinaire du Conseil Municipal se déroule à midi, sous la présidence du maire en vertu d’une autorisation du sous préfet en date du 21 Mars. Le maire expose que pour un lavoir, le mieux serait d’avoir un qui soit toujours au niveau du Loir. La solution pourrait venir d’un bateau-lavoir. Monsieur le maire s’est renseigné auprès de monsieur Glaumain, constructeur de bateaux à la Flèche. Le prix envisagé pour un bateau-lavoir couvert pour douze laveuses s’élèverait à environ 2 000 francs, plus les frais d’installation pour environ 200/300 francs. La durée de vie d’un tel bateau n’excède généralement pas quarante ans et nécessite un entretien important après dix années de service.

Photos Internet  
Archives Municipales Bazouges sur le Loir

 

 

Le maire propose de renoncer à cette acquisition et d’établir, sur la rive droite, au point d’atterrissage de l’ancien bac, un lavoir au moyen de batteries de pieux, un abord couvert à deux marches, semblables à ceux de propriétaires riverains du Loir. La dépense serait peu élevée, et il n’y aurait pas d’autre entretien que la couverture.
 
Photos APSPBC

Des mécanismes simples par un système de treuils permettent d’ajuster le plancher des laveuses au niveau du Loir.

Photos APSPBC

 

 

Le Conseil délibère favorablement et se rend même sur place et décide :
- de renoncer à l’achat d’un bateau-lavoir
- d’établir un abord couvert à deux marches et adossé à la propriété riveraine
- d’en faire un semblable pour les habitants du bourg Chopin.
Le Conseil invite le maire à demander au sous-préfet l’alignement nécessaire pour mettre en place les batteries de pieux aux prochaines écourues.
Il sera construit en 1882 avec un quai de navigation à côté pour 2 400 francs.
En 1885, un autre lavoir identique sera construit au « Port Mahon » pour 1 240 francs.
La construction de ces lavoirs se résume à trois murs avec un toit à double pans couverts en ardoises. Le quatrième côté est à l’air libre et donne directement sur le Loir. On accède à l’intérieur par une porte en bois, placée au milieu de la longueur du bâtiment. Cette porte en encadrée par des pierres taillées dans du tuffeau et elle est surmontée d’une avancée avec un petit pignon lui-même couvert d’ardoises. Les murs extérieurs sont enduits à la chaux. A l’origine les ardoises étaient cloutées sur des voliges. Les pierres de tuffeau, tendres par excellence ont gardé quelques souvenirs de rendez-vous galants de la jeunesse de différentes époques.
Après avoir descendu quelques marches , on accède à l’intérieur constitué par un plancher en bois qui a la particularité de pouvoir être descendu ou remonté par un mécanisme de chaines reliées à un treuil manuel,  pour s’adapter en toutes circonstances au niveau de la rivière.

Photos APSPBC

 

 

Ces lavoirs ont été réparés en 1911, 1916 et la toiture de celui du Port refaite en Juin 2016 avec une couverture en ardoises fixées par des crochets. Précédemment les ardoises étaient pointées sur des voliges (c’est toujours le cas au port Mahon) 

Photos APSPBC

 

 

D’autres lavoirs privés subsistent à Bazouges sur le Loir, plus ou moins entretenus, vestige d’un passé à jamais dévolu.

Certains se sont reconvertis en hangar à bateaux

Et pour d’autres, il ne reste que leur emplacement

 
Photos APSPBC

 

 

Il existe encore quelques lavoirs privés ne donnant pas directement sur le Loir. Ils étaient alimentés par des petits ruisseaux ou des sources tel que celui encore visible en bordure de la RD323 à l’entrée de Bazouges sur le Loir en arrivant de la Flèche sur la gauche.

Il a été partiellement détruit suite à des intempéries

 
15 ans plus tard  De nos jours
Photos APSPBC

 

 

 

LAVOIR de La Barbée
   

 

 

Le Lavoir de Cré sur Loir
Le lavoir est construit sur pilotis, sur le Loir, en 1928. D'après le devis, la charpente en chêne est couverte en ardoises. Une porte d'entrée d'un mètre de large donne accès à un plancher mobile de 5,40m de long. Les travaux sont estimés 7844 F.
Arch. dép. Sarthe 2 0 109/8
Le lavoir n'a pas été reconstruit. Seul reste de sa présence autrefois la "Ruelle de l'Ancien Lavoir".
 

 

 

 

 

 

LA LESSIVE  OU  « BUÉE »

 

De tous temps, les femmes ont été chargées de nettoyer le linge ; on disait « faire la buée »

[terme à l’origine de buanderie]. Dans l’Odyssée, Homère, poète grec , [né vers 800 avt JC – décédé vers 740 avt JC] décrit comment Nausicaa et ses compagnes vont laver leur linge au bord de la rivière.

 

Dès le XIIème siècle, la lessive du « gros linge » s’effectue  une fois par an, après les fêtes de Pâques.

               

Au XIXème siècle, « Les grandes buées avaient lieu une fois à l’automne et une fois au printemps…Dans les familles aisées, une grande buée pouvait compter en moyenne 70 draps, autant de chemises et des dizaines de torchons et de mouchoirs…

En fonction du volume de linge à laver les grandes buées duraient généralement trois jours appelés « Purgatoire », « Enfer » et « Paradis ».

 

  • Au premier jour, « Purgatoire », avait lieu le triage puis le trempage dans un cuvier, au fond duquel on avait disposé des « tégots » [débris de vaisselle] et « l’encherrie » [des cendres] ; on le remplissait d’eau froide  dans lequel le linge trempait toute la nuit pour éliminer un maximum de crasse. Les saletés ou « sanies » les plus tenaces étaient frottées, à l’aide d’une brosse de chiendent, sur une planche à laver striée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Selle de lavage en bois composée d’une planche de 7 crans et d’un repose-genou dont le bout inférieur est taillé en forme de “queue de pie “. Les différentes parties de l’objet sont réunies par des clous en métal.

 

 

 

 

 

 

               

 

https://webmuseo.com/ws/musees-regioncentre/app/collection/record/7079

  • Le deuxième jour, « Enfer », on vidait l’eau du trempage et on procédait au « coulage » en arrosant régulièrement le cuvier avec de l’eau de plus en plus chaude. L’eau s’écoulait par la bonde au fond du cuvier ; l’eau était chauffée dans la « fouye » [foyer] et versée régulièrement à l’aide de la « vouillette » [récipient cylindrique à long manche de bois d’1m20 environ]. L’eau traversait le linge et dissolvait la potasse des cendres et prenait une couleur café au lait ; c’est le « lessi » qui décrasse le linge. Arrivé au fond de la paonne, le « lessi » s’écoulait par le « tuau » à travers les « tégots » et coulait dans la « chaullière » où il se réchauffait sur la « fouye ».

 

http://www.lavoirsdelamayenne.fr

 

                Quand le jet faiblissait, la laveuse recommençait l’opération et ceci pendant plusieurs heures. Il ne fallait pas commencer à verser de l’eau bouillante pour ne pas cuire la saleté. Ces opérations prenaient fin lorsque l’eau devenait marron ou qu’elle ressortait bouillante. Chaque laveuse, en fonction de son expérience, savait quand il fallait arrêter le « coulage »

 

  • Le troisième jour, « Paradis », le linge refroidi était conduit au lavoir pour y être battu, rincé

et essoré. Quand ce travail était  terminé, le linge était ramené à la maison pour y être séché.

 

https://www.fontaine-fourches.com/images/Les_lavoirs/le%20lavoir%20-%20lavandieres.2.jpg

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Collection privée – H et J GOUBARD

 

Collection privée – H et J GOUBARD

 

 

La laveuse l’étendait ensuite sur la corde à linge tendue entre les poteaux et le fixait avec des tacquets confectionnés par les bonhommes à la veillée, l’hiver. Pour éviter que la corde ne fléchisse, on plaçait de part en part des « guignettes » en bois qui la redressent.

 

http://cr.lavalnord.pagesperso-orange.fr/Tourisme%20-%20les%20lavoirs%20Patois.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Collection privée H et J GOUBARD

 

 

Après la Première Guerre Mondiale, les femmes utilisèrent les « lessiveuses à champignon » qui firent leur apparition vers 1918.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La lessiveuse à champignon est un récipient

muni d’un double fond percé de trous et sur

lequel est fixé, au centre, un tube-injecteur qui

se termine par un champignon.

L’eau bouillante montait par le tube du

champignon et arrosait le linge automatiquement.

Ensuite, on savonnait, on brossait en insistant

sur les taches et on rinçait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://www.le-petit-manchot.fr/la-lessiveuse-a-champignon/le-monde-rural-normand/articles/1408/

 

 

Il est dit que la première machine à laver le linge est inventée par un scientifique allemand nommé Jacob Christian Schäffer  [1718-1790] vers 1767.

 

Le premier brevet de machine à laver est déposé le 31 mars 1797 par un américain : Nathaniel Briggs.

 

En 1851, James King produit la première machine à laver à tambour ; il s’agissait d’un cylindre en bois rempli d’eau chaude, muni de pales qu’il fallait tourner avec une manivelle.

 

En 1898, le constructeur Flandria, à Wattrelos, fabrique la « Barboteuse », une espèce de tonneau en bois en forme de berceau dans laquelle un mécanisme actionné par une manivelle  frotte par un mouvement de va-et-vient le linge sur les parois rainurées.

 

http://babethhistoires.unblog.fr/2012/11/04/1923-laveuses/    

       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        

https://www.alamyimages.fr/photos-images/machine-%C3%A0-laver-du-19%C3%A8me-si%C3%A8cle.html

 

 

 

La première machine à laver à tambour fait son apparition à la foire de Paris en 1920.

 

http://babethhistoires.unblog.fr/2012/11/04/1923-laveuses/

 

 

En 1937, John Chamberlain crée la première machine « multifonctions » : lavage, rinçage, essorage, le tout en un seul cycle ; la machine à laver moderne est née.

 



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