LES LAVOIRS
LES LAVOIRS PUBLICS DE BAZOUGES ET DE CRÉ
Au XIXème siècle, le port de Bazouges sur le Loir est un lieu relativement animé puisqu’il fait office de port d’embarquement et de débarquement des denrées mais aussi le point de traversée du Loir par le Bac.
Le 3 février 1851 (circulaire d’application du 26/2/1851) est promulguée, par Napoléon III, une loi relative à la création de lavoirs publics par laquelle l’Etat s’engage à prendre en charge 30% du coût de construction de lavoirs publics (limité à 20.000 Fr).
En effet, les autorités publiques ont pris conscience de l’importance de l’hygiène et du lavage de linge sale pour éviter la diffusion de maladies comme la variole, le choléra ou la rougeole. On se souvient de la deuxième pandémie de choléra qui ravagea la France « de 1826 à 1849 : « plus de 600 000 morts. Les maires prennent des arrêtés rappelant les règles d’hygiène : il n’est plus question de laver le linge là où l’on puise l’eau nécessaire aux besoins quotidiens et où boivent les animaux. » [Annick Michel Lebouc]
LES LAVOIRS PUBLICS DE BAZOUGES
Le village de Bazouges-sur-Le- Loir, situé sur la rive droite du Loir et une partie sur la rive gauche, possède de nombreuses maisons entre l’ancienne route royale de Paris à Nantes et le Loir. Autrefois cette route passait entre l’église et le château. Elle s’appelait à l’époque « Rue Basse » avant de devenir « Rue du Château ». Beaucoup de ces maisons bordant cette rue côté Loir avaient accès à la rivière. Un certain nombre d’entre elles avaient un lavoir. Malheureusement ils ont tous pratiquement disparus.

Bazouges sur le Loir dans les années 1950/1960 entre le Vieux Pont et le Château
Actuellement, il subsiste deux « lavoirs » publics, appartenant à la commune, avec la particularité d’être à « plancher mobile ». Cette particularité tenait compte du niveau du Loir, permettant ainsi aux laveuses de pouvoir y venir en toute saison.
Ce lieu était donc relativement animé, et c’est à cet endroit que le Conseil Municipal opte pour l’installation d’un lavoir lors de la réunion du 13 février 1881.
Ce jour-là le Conseil est réuni en séance ordinaire et doit choisir entre l’éclairage public des rues du bourg ou la construction d’un lavoir public. Ces deux requêtes sont réclamées depuis longtemps par la population. Le Conseil reconnaît l’utilité des deux projets, mais il choisit le lavoir car la demande est la plus ancienne. Il invite le maire à étudier la question le plus rapidement possible afin qu’il puisse pourvoir, à la session de Mai, à la dépense qu’entrainera cette construction.


Le 27 Mars 1881 une séance extraordinaire du Conseil Municipal se déroule à midi, sous la présidence du maire en vertu d’une autorisation du sous-préfet en date du 21 Mars. Le maire expose que pour un lavoir, le mieux serait d’en avoir un qui soit toujours au niveau du Loir.
Le maire expose que la solution pourrait venir d’un bateau-lavoir pour douze laveuses, mais après s’être renseigné auprès de Monsieur Glaumain, constructeur de bateaux à la Flèche, il a découvert :
- que le prix envisagé pour un bateau-lavoir couvert pour douze laveuses s’élèverait à environ 2 000 francs, plus les frais d’installation pour environ 200/300 francs
- que la durée de vie d’un tel bateau n’excède généralement pas quarante ans et nécessite un entretien important après dix années de service,

Bateau-lavoir de La Flèche


Le maire propose de renoncer à cette acquisition et d’établir, sur la rive droite, au point d’atterrissage de l’ancien bac, un lavoir au moyen de batteries de pieux, un abord couvert à deux marches, semblable à ceux de propriétaires riverains du Loir. La dépense serait peu élevée, et il n’y aurait pas d’autre entretien que la couverture.
Le Conseil Municipal décide de répondre positivement aux réclamations de la population et de construire un lavoir public,
« … Le Conseil, après en avoir délibéré et s’être transporté sur les lieux pour mieux se rendre compte de ce que l’on peut faire est d’avis …
Le Conseil invite le maire à demander au sous-préfet l’alignement nécessaire pour mettre en place les batteries de pieux aux prochaines écourues.
Suite à la proposition du Conseil Municipal, le Sous-Préfet donne son autorisation, le 27 septembre 1881.

Les lavoirs publics ont été réparés en 1911, 1916 et 2016.
« Le lavoir du Port » - Bazouges
En 1882, Monsieur Sevin, architecte de La Flèche propose les plans d’un lavoir et d’un quai pour la navigation pour 2 000 francs ; l’année suivante, il faudra y ajouter la somme de 400 francs.
La construction de ce lavoir se résume à trois murs avec un toit à double pans couverts en ardoises. Le quatrième côté est à l’air libre et donne directement sur le Loir.
On accède à l’intérieur par une porte en bois, placée au milieu de la longueur du bâtiment. Cette porte est encadrée par des pierres taillées dans du tuffeau et est surmontée d’une avancée avec un petit pignon lui-même couvert d’ardoises. Les murs extérieurs sont enduits à la chaux. A l’origine les ardoises étaient cloutées sur des voliges.
Les pierres de tuffeau, tendres par excellence ont gardé quelques souvenirs de rendez-vous galants de la jeunesse de différentes époques.
Il sera construit dans l’année 1882, avec un quai de navigation à côté, pour 2 400 francs.
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Mai 2020 – Intérieur du lavoir du port – photos APSPBC
Après avoir descendu quelques marches, on accède à l’intérieur qui est constitué par un plancher en bois suspendu par des chaînes qui permettent de le descendre ou de le remonter par un treuil manuel pour s’adapter en toutes circonstances au niveau de la rivière.
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Mars 2020 – Le mécanisme du plancher mobile du lavoir du port – photos APSPBC
Voici quelques photos du lavoir du Port :
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1950 environ – Lavoir du Port et maison du passeur 2011 – Lavoir du port et maison du passeur – photo APSPBC
En juin 2016, on procède à la réfection du toit avec une couverture en ardoises fixées par des crochets. Précédemment les ardoises étaient pointées sur des voliges :

Juin 2016 – Réfection de la toiture du lavoir – photo APSPBC
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Avril 2022 – Lavoir du Port et maison du passeur
« Le lavoir du Port Mahon » - Bazouges
En 1885, un autre lavoir, identique au lavoir du Port, sera construit au « Port Mahon » pour 1 240 francs selon le même principe que le précédent, avec une avancée au-dessus de la porte d’entrée, des encadrements en tuffeau, une couverture en ardoises sur voligeage et un plancher mobile.

2011 environ – Lavoir du Port Mahon vu du Loir

2020 05 – Lavoir du Port Mahon – Photo APSPBC
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2020 05 – Lavoir du Port Mahon – la charpente – Photos APSPBC
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2020 05 – Les marches d’entrée et la crémaillère du lavoir du Port Mahon – Photos APSPBC
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2020 05 23 – Vue du lavoir du Port Mahon et Vue du Port Mahon depuis le Loir – Photos APSPBC

2022 04 28 – Lavoir du Port Mahon – Photo APSPBC
Les herbes poussent devant le lavoir et le plancher mobile n’est pas dans un très grande forme !
LE LAVOIR PUBLIC DE CRE
En 1928, LeConseil municipal de Cré se réunit pour délibérer sur le projet de construction d’un lavoir public.


Le maire de Cré donne connaissance de ce qui a été décidé par la Commission nommée par le Conseil (le lavoir sera construit sur une longueur de 6 m, sur pilotis) et présente le devis établi par Mr Huet qui précise que la charpente sera en chêne et couverte d’ardoises et que la porte d’entrée aura 1m de large et donnera accès au plancher mobile de 5m40 de long, selon le plan ci-dessous.
Le coût des travaux est estimé à 7.844 francs. Le Conseil approuve le projet, charge le maire de passer un marché de gré à gré (qui sera soumis à l’autorité préfectoral) et précise que les travaux de terrassement pour la mise en état du chemin d’accès au port seront mis au budget additionnel.

Archives départementales Sarthe – 2 0 109/8
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| 1957 - Lavoir en activité – coll privée | |
| On n’a pas retrouvé de photos du lavoir, hormis les deux ci-contre qui datent de 1957. | ![]() |
| 1957 - Lavoir en activité – coll privée | |
Dans les années 1960-1970, l’état du lavoir s’est dégradé et il est nécessaire d’effectuer des réparations.
Le 27 février 1968, le Conseil mandate une commission pour statuer sur les réparations à réaliser.


Le 4 mai 1971, le Conseil municipal mandate à nouveau une commission pour se rendre sur place pour évaluer les travaux à effectuer au lavoir communal.

Le 2 juillet 1971, le Conseil municipal décide : « le lavoir sera réparé »


Quelques jours après la décision du Conseil municipal, voici dans quel état se trouve le lavoir….

Le lavoir écroulé – coll privée
Il ne sera JAMAIS reconstruit !
LES LAVOIRS PRIVÉS DE BAZOUGES
Il n’existe pas de lavoirs « privés » dans le quartier de Cré.
Il existe encore quelques lavoirs « privés » à Bazouges ; leur état est, en général dégradé ; certains ont disparu….
Voici quelques photos des lavoirs existants ; il ne nous appartient pas de communiquer leur emplacement exact (nom et adresse des propriétaires) mais lorsque l’on se promène en barque sur le Loir, on a le plaisir de les apercevoir.
1ER LAVOIR :

2020 08 10 – Lavoir existant – Photo APSPBC

2022 05 12 – Lavoir ayant disparu – Photo APSPBC
2ème LAVOIR :

Vers 1950 – Coll privée
| 2020 05 26 – Lavoir – Photo APSPBC | |
| 2022 04 28 – Lavoir – Photo APSPBC |
3ème LAVOIR :

2020 06 25 – Lavoir privé – photo APSPBC

2022 04 228 – Lavoir – Photo APSPBC
4ème LAVOIR:

Vers 1950 - Lavoir - Coll privée



Ceci est l’emplacement d’un ancien lavoir qui a disparu vers ????

2020 06 25 - Photo APSPBC
Certains lavoirs ne sont pas sur le lit majeur de la rivière ; les 2 exemples ci-dessous démontrent que des lavoirs peuvent exister sur le cours d’un ruisseau, descendant des collines et se jetant dans le Loir :



Les lavoirs font partie intégrale du patrimoine fluvial ; il convient de les maintenir en état comme tout patrimoine
Le patrimoine structure notre mémoire collective.
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