LE PILORI
1 – Origine des « piloris »
« En 1164, au détour d’article de droit pénal de la charte de franchise de Saint-Omer, est mentionné pour la première fois le ”pellori‟, un édifice public original implanté au cœur du paysage urbain… Le pilori , et avec lui la peine qui porte son nom, apparaissent ensemble dans un espace qui, dès le début du XIIème siècle, s’étend de la Normandie à l’Artois. Rouen [1204], Abbeville [1184], Saint-Omer [ Saint-Quentin [1195] et Péronne [1209] sont autant de villes qui dotent leur marché d’un pilori »
[« Pour donner crainte et conservation de la jurisdiction – Les stratégies d’implantation des piloris au Moyen Âge » – Liliane d’Artagnan, doctorante en histoire médiévale – 21/10/2019]
Les piloris, à l’époque, étaient des structures pivotantes en lanterne pouvant contenir un ou plusieurs hommes généralement agenouillés. A Paris, il n’existait qu’un pilori, le « pilori royal du marché des Halles » . Celui-ci était une tour avec un rez-de-chaussée habitable surmonté d’un étage hexagonal sur une roue mobile en fer, avec la place pour six condamnés. Les parois étaient percées de trous dans lesquels le condamné passait sa tête et ses mains. Il a été supprimé en 1789.
On retrouve ce genre de pilori dans de plus grandes villes (plus riches) sous « la forme d’une tour monumentale octogonale surmontée de carcans disposés en cercle et d’un toit en poivrière » [Stratégies d’implantation des piloris – L d’Artagnan – 2019 – p 2]
« Au centre du bâtiment, une poutre, debout et tournant sur son pivot, soutenait un plancher rond, entouré d’une espèce de balcon percé de trois trous ronds : savoir, celui du milieu où on faisait passer la tête du coupable et un de chaque côté pour les mains ».
[http://www.genealogy.tm.fr/Chronique/chronique14.htm.]
« A Paris, c’est un petit bâtiment en forme de tour, avec une charpente à jour, dans laquelle est une machine tournante, où l’on attache les infâmes qu’on veut exposer à la risée publique » [Dictionnaire de Fureti7re – 1690]
Victor Hugo, dans son magnifique livre « Notre Dame de Paris » décrit avec beaucoup de détails le pilori de la place de grève auquel Quasimodo avait été condamné par Maître Florian Barbedienne, auditeur au Châtelet. [Edition du 16/3/1831 – p 349]
Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTF) définit ainsi le pilori :
« Poteau ou appareil tournant sur un pilier, situé sur une place publique, auquel on attachait un condamné, avec un carcan au cou, pour l’exposer aux regards de la foule et marquer ainsi son infamie » [https://www.cnrtl.fr/definition/pilori]
Le carcan est fixé à un poteau (pilori) ou à un mur, généralement dans un lieu public très fréquenté, comme la place de l’église dans les villes et villages de France. Sous l’Ancien Régime, il est un signe de « Haute Justice » qui ne sert pas à mettre à mort. [https://fr.wikipedia.org/wiki/Carcan]